Pour répondre à cette question, vous devez
être membre de Doc-étudiant

Si ce n'est pas encore fait ?

Inscrivez-vous !

Qu'est-ce que les francs maçons ?

03 Juillet 2014 | Actualites | De tout et de rien

Qu'est-ce que les francs maçons ?

Blizou

122 points

Signaler un abus
Salut, je te recommande la lecture de ce document : http://questions.digischool.fr/Actualites-qr/Quest-ce-que-les-francs-macons-88801.html sur questions.digischool.fr.
Qu'est-ce que les francs maçons ?
Bonjour à tous, j'aurais aimé avoir des renseignements sur la franc-maçonnerie. De quoi s'agit-il exactement ? Que font-ils ? Merci d'avance pour vos explications.

Les réponses à la question Qu'est-ce que les francs maçons ?

2

04 Juillet 10h04

Les francs maçons constituent une "association essentiellement philosophique et philanthropique" qui organisent des rites initiatiques. Ils œuvrent pour le progrès de l'humanité.
Superdoc

Superdoc

47010 jetons

08 Mars 17h39

Le mot "franc" de franc-maçon provient du vieux français qui veut dire "libre". De son côté, le mot "maçonnerie" signifie "art de bâtir". Ainsi les francs-maçons se définissent comme des maçons libres (ce qui dans leur jargon est l'équivalent "d'homme libre") qui œuvre à bâtir un monde meilleur.
Se réclamant d'une philosophie progressiste, ils rêvent d'un monde fraternelle où l'humanité peut s'entendre au delà des différences, des égos et des clivages idéologiques, religieux, ethniques, etc..
Ainsi un philosophe franc-maçon français, le chevalier de Ramsay, a définit l'idéal maçonnique en ces termes, lors d'un discours prononcé en 1736 :

"Lycurgue, Solon, Numa et tous les autres législateurs politiques n'ont pu rendre leurs républiques durables : quelque sages qu'aient été leurs lois, elles n'ont pu s'étendre dans tous les pays et dans tous les siècles. Comme elles étaient fondées sur les victoires et les conquêtes, sur la violence militaire et l'élévation d'un peuple au-dessus d'un autre, elles n'ont pu devenir universelles ni convenir au goût, au génie et aux intérêts de toutes les nations. La philanthropie n'était pas leur base ; le faux amour d'une parcelle d'hommes qui habitent un petit canton de l'univers et qu'on nomme la patrie, détruisait dans toutes ces républiques guerrières l'amour de l'humanité en général. Les hommes ne sont pas distingués essentiellement par la différence des langues qu'ils parlent, des habits qu'ils portent, ni des coins de cette fourmilière qu'ils occupent. Le monde entier n'est qu'une grande république, dont chaque nation est une famille, et chaque particulier un enfant. C'est, messieurs, pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes prises dans la nature de I'homme que notre société fut établie. Nous voulons réunir tous les hommes d'un goût sublime et d'une humeur agréable par l'amour des beaux-arts, où l'ambition devient une vertu, où l'intérêt de la confrérie est celui du genre humain entier, où toutes les nations peuvent puiser des connaissances solides, et où les sujets de tous les différents royaumes peuvent conspirer sans jalousie, vivre sans discorde, et se chérir mutuellement. Sans renoncer à leurs principes, nous bannissons de nos lois toutes disputes qui peuvent altérer la tranquillité de l'esprit, la douceur des mœurs, les sentiments tendres, la joie raisonnable, et cette harmonie parfaite qui ne se trouve que dans le retranchement de tous les excès indécents et de toutes les passions discordantes."

Ainsi donc, eux-même pratiquent dans leur loge, la fraternité. Ils s'appellent entre "frère" et "sœurs", et ceux-là malgré toutes leurs différences individuelles. Le pasteur James Anderson, rédacteur des fameuses constitutions maçonniques, de 1723 :

" Mais bien que dans les Temps Anciens les Maçons fussent obligés dans chaque pays d'appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu'elle fût, il est maintenant considéré comme plus opportun de seulement les soumettre à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, qui consiste à être des Hommes Bons et Honnêtes ou Hommes d'Honneur et de Sincérité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer ; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d'Union et le Moyen de concilier une véritable Amitié parmi des Personnes qui auraient dû rester perpétuellement Éloignées. »

La franc-maçonnerie a vocation a incarnée en son sein, l'idéal qu'elle prône pour le monde : c'est à dire une société d'homme et de femme libre, qui ne se renient pas dans ses opinions, croyances, etc... pour plaire à autrui, mais qui sait aussi aimer l'autre dans sa différence, au nom d'une idée simple : le sentiment d'appartenance à l'humanité est plus importante que le sentiment d'appartenance à une croyance, une idée, une idéologie.
Dans cette optique, la franc-maçonnerie prône la tolérance, le respect de l'autre, mais aussi de soi-même (accepter l'autre tel qu'il est sans se renier soi-même). Le Grand Orient de France, première obédience française, affiche dans le hall de son siège parisien, cette citation de Saint-Exupéry : "Si tu diffère de moi mon frère, loin de me léser tu m'enrichis". On devine a travers cette citation, un intérêt pour un concept philosophique qui est l'altérité (le caractère de ce qui est autre").

Cependant la franc-maçonnerie apparait de nos jours d'avantage divisée. A tel point qu'il faut plutôt parler "des francs-maçonneries". L'histoire ayant fait émerger différents concepts de ce que devait être la franc-maçonnerie, cette dernière, à ses début unis, se retrouve désormais séparer en plusieurs courants qui ne s'entendent guère et ne font guère acte de fraternité entre eux.

Ainsi le principale courant est celui de la maçonnerie régulière dite anglophone. Il s'agit là d'une maçonnerie unitaire, tournée vers la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA: la plus vieille et la plus grande obédience au monde). La grande Loge Unie d'Angleterre prône une interprétation stricte dans Constitution d'Anderson et refuse toute modernisation d'un texte pourtant écrit en 1723. Ainsi, les femmes n'étant pas évoquée dans les constitutions d'Anderson, la GLUA s'oppose catégoriquement à l'initiation des femmes. La franc-maçonnerie régulière est donc purement masculine. De plus, les constitutions d'Anderson précise : "Un Maçon est obligé de par son Titre d'obéir à la Loi Morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide ni un Libertin irréligieux." A ce titre, la GLUA interdit également l'initiation des athées. Seul des personnes se réclamant d'une foi en Dieu peuvent obtenir le droit à l'initiation dans une obédience dite régulière. Le pouvoir de la GLUA tient dans le fait que toute obédience souhaitant appartenir au groupe des obédiences régulières doivent en réclamer l'autorisation auprès de la GLUA. Cette dernière a fixée la règle suivante : une obédience régulière par pays. En France, la régularité maçonnique est donc représenté par la Grande Loge Nationale Française. Si au sein de la régularité maçonnique, chaque obédience demeure souveraine, il n'empêche que la GLUA joue un rôle de régulateur des pratiques maçonniques régulières. Ainsi a-t-elle interdite que des francs-maçons issues d'obédiences régulières fréquentent des maçons issues d'obédience non -régulière (c'est-à-dire non reconnue par la GLUA). Ainsi donc ils n'existent pas de relations entre les obédiences régulières et les autres. Seule l'existence des fraternelles, permets à des maçons réguliers de fréquenté des maçons non-réguliers. Mais les fraternelles (regroupement de francs-maçons par intérêts (métiers, loisirs, sports, etc...) échappent aux contrôlent des obédiences.
La GLUA interdit également aux loges des obédiences régulières, tout débat sur des thèmes religieux ou politique, afin d'éviter que ces sujets n’amène la discorde en loge et nuise à la fraternité des frères. Ainsi la franc-maçonnerie régulière est devenu un lieu de mondanité, de sociabilité. De part sa place prépondérante au sein de la maçonnerie universelle, la GLUA a acquit le surnom de "Vatican Maçonnique" ou encore de "Saint Siège Maçonnique". Le prestige de cette obédience est non seulement dû à son ancienneté et l'importance de ses effectifs, mais aussi au fait qu'au Royaume-Unis, la GLUA dispose d'un statut quasi-officiel et qu'elle est liée à la famille royale britannique. Puisque la plus part des membres masculins de la famille royale sont membres de la GLUA. Ce fut le cas du père d'Elisabeth II, ainsi que de son oncle. Or tous deux régnèrent sur l'Angleterre. C'est également le cas du prince Charles, fils d'Elisabeth II, et futur roi d'Angleterre. De plus traditionnellement, le Grand Maître de la GLUA est un membre de la famille royale, désignée pour un mandat à vie, sans aucun suffrage démocratique. Actuellement, il s'agit du duc de Kent, cousin de la reine Elisabeth II et 34 éme dans l'ordre de succession au trône.

Face à la franc-maçonnerie régulière fait face le second grand courant maçonnique, la franc-maçonnerie libérale et adogmatique dite francophone, dont le Grand Orient de France est l'initiateur historique, ainsi que la plus veille et la plus grande obédience au monde.
Initialement le Grand Orient de France (fondée en 1723 sous le nom de Grande Loge de France, il prit son nom actuel en 1773) a été en bonne entente avec la GLUA, jusqu'à la fin du XIXème siècle. Même si les sources de la discorde sont bien plus ancienne et profondément liés à l'histoire de France, notamment la Révolution Française.
La Révolution Française bouleverse la France et l'Europe en consacrant le triomphe d'idées nouvelles, que l'on appellera la Philosophie des Lumières et qui bouleverse les conceptions anciennes du vieux continent. Les francs-maçons français embrassent ces idées-là, comme d'autres groupes sociaux à l'époque. Ces le début de l'athéisme assumée en France, le début du républicanisme, de l'égalitarisme, du libéralisme politique, de l'anticléricalisme, du libertinage assumée au sein d'une certaine élite de gauche, c'est l’émergence de multiples opinions qui font apparaitre les notions de droite et de gauche.
Les francs-maçons français n'échappent pas à tous ceci et les loges vont bientôt se laisser séduire par les idées nouvelles. Ainsi durant une majeure partie du XIXème siècle, le GODF va être cette obédience qui continue à prôné la foi en Dieu, Grand Architecte de l'Univers, tout en laissant un nombre croissant d'athées être initiés dans ses loges. Le GODF va être cette obédience qui tout en se déclarant attachée à la Loi Morale, tel que définit dans les Constitutions d'Anderson, va accepté un certains nombres de membres qui assument s'adonner au libertinage sexuel (dont un certain Marquis de Sade). De plus, tous le long du XIXème siècle, les loges du GODF vont devenir des foyers du militantisme républicain, socialiste, marxiste, et même anarchiste. A tel point, que Napoléon Bonaparte, bien qu'ayant une bonne opinion de la maçonnerie (son père était franc-maçon, ainsi que plusieurs de ses frères aînés et de nombreux maréchaux d'Empire) décident pour contrôler les activités des loges, d'affecter à chacune d'elles un officier de Police devant assister à chaque tenue (réunion maçonnique) et surtout il place son frère Joseph Bonaparte à la tête du GODF. Il donne également à son frère deux grands maitre adjoint, Cambacérès et Murat, qui sont parmi les proches de l'Empereur. Cambacérès sera l'un des principaux rédacteurs du Code Civil, dit Code Napoléon, quand à Murat, il épousera une sœur de l'Empereur et Napoléon le nommera Roi de Naples. Cependant le 1er Empire demeure un âge d'or pour la maçonnerie français, à la fois contrôlée mais aussi favorisée par le régime impériale. Il existe d'ailleurs un grand débat sur une éventuelle initiation de Napoléon, lui-même, durant son adolescence ou durant la campagne d'Egypte. Ce débat né du vivant même de l'Empereur n'en finit pas aujourd'hui encore de faire couler beaucoup d'encre. Toujours est-il que Napoléon a eu pour projet de faire de la maçonnerie la colonne vertébrale de son Empire, comme c'était déjà à l'époque le cas dans l'Empire britannique. Quand il nommera son frère Joseph, roi d'Italie, celui-ci quittera ses fonctions de Grand Maitre du GODF, pour devenir immédiatement Grand Maitre du Grand Orient d'Italie. C'est alors le n°2 de l'Empire, Cambacérès qui devient le nouveau Grand Maitre du GODF. Quand à Napoléon, il est tout simplement adulé par les maçons qui lui voue un véritable culte de la personnalité. La maçonnerie fait un peu office de parti bonapartiste et elle profite des conquêtes napoléoniennes pour répandre dans toute l'Europe, la philosophie des Lumières. Napoléon, lui-même, se réclamant de la Révolution et considérant son Empire comme la continuité naturelle de la République, il est d'ailleurs très anti-cléricale et athée pur et dur, la maçonnerie va le servir sans avoir l'impression de se renier.
Puis viens la chute de l'Empire et la restauration des Bourbons. Partout en Europe, la maçonnerie associée à Napoléon se retrouve persécutée et interdite. Sauf en Angleterre, bien sûr. Et en France, où des proches du nouveau monarque, Louis XVIII, eux-même initié, vont réussir à sauver le GODF. Mais l'obédience demeure très surveillé, car suspect de républicanisme, d'anticléricalisme et de bonapartisme. Puis viens la IIème République, dont le GODF a soutenu l’avènement. Mais celle-ci est renversé 4 ans plus tard par Louis Napoléon Bonaparte qui proclame le Second Empire, sous le nom de Napoléon III. Le GODF, très républicanisé, fut particulièrement hostile à ce coup d'Etat. Napoléon III pas dupe, envisagea de dissoudre l'obédience. Le GODF parvient à se sauver en acceptant de reconnaitre comme Grand Maitre, un proche de Napoléon III, le prince Murat, alors même que ce dernier n'avait jamais été initié à la franc-maçonnerie. Cette nomination marque la mise sous tutelle impériale du GODF durant toute la période du Second Empire. L'obédience en sera si peu fière, qu'après le chute de Napoléon III, elle décidera d'abolir la dignité de Grand Maître, car considéré comme taché de honte. Dés 1871, le titre de Grand Maître est remplacé par celui de "Président du Conseil de l'Ordre" (le Conseil de l'Ordre étant l'organe exécutif de l'Obédience, ces membres sont élus par les délégués du Convent. Le Convent est l'assemblée parlementaire, formé par les représentants des loges qui les élisent démocratiquement. Les membres du Conseil de l'Ordre, une fois élu, élisent à leur tour et en leur sein, le Président du Conseil, le chef de l'Obédience). 1871, est l'année marquée par la guerre franco-prusse, qui se soldera par une défaite française et la chute du Second Empire avec la capture de Napoléon III durant la bataille de Sedan par des soldats prussiens. 1871 c'est aussi une année d'espoir pour le courant royaliste qui espère profiter de la chute du Second Empire pour rétablir la monarchie capétienne. En effet, la majorité de la population française vis à cette époque dans les campagnes. Or la population rurale est, à cette époque, très conservatrice, catholique et monarchique. C'est ce qui a permit à Napoléon III de demeurer très populaire en France, jusqu'à la fin de son règne. Le républicanisme n'est présent que dans les villes, auprès des populations urbaines, alors minoritaires. Aldophe Thiers, un homme politique royaliste qui a joué un grand rôle sous Louis-Philippe Ier et sous Napoléon III, a, après la bataille de Sedan, les clés en main pour rétablir la monarchie traditionnelle. Il entend donc négocier au plus vite la paix sans condition avec les prussiens et plutôt que de réunir l'argent pour payer la rançon que réclame les Prussiens afin de libérer Napoléon III, il entend œuvrer au rétablissement de la royauté. Il bénéficie en plus du soutien de la Prusse qui est près à créer les conditions pour favoriser le projet d'Aldophe Thiers. Mais dans plusieurs villes et surtout à Paris, la population ne l'entend pas ainsi. Ainsi très rapidement, la capital fait l'objet d'une insurrection républicaine et libertaire, sous l'influence notamment de Gambetta, qui dit préférer "faire la guerre jusqu'à l'outrance" plutôt que de voir le roi revenir à Versailles. Cette insurrection sera ensuite appelée "la Commune de Paris", dés lors que les parisiens, constatant que le pays refuse de leur emboiter le pas, décident de se proclamer "Commune libre" (autant dire que Paris fait alors sécession d'avec la France) et mettent en place un régime de gouvernance communale proche de l'autogestion. Aldophe Thiers établis, quand à lui, son gouvernement à Versailles.
Le GODF soutiendra activement ces évènements et de nombreux francs-maçons parisiens y prendront part et trouveront la mort dans les massacres de la "Semaine Sanglante", suite à quoi, les troupes d'Aldophe Thiers reprennent la Capitale et mettent à l'insurrection parisienne. Cette période à tellement marqué le GODF que depuis lors, chaque année, le 1er mai, l'obédience se réunit au cimetière Père Lachaise, à Paris, pour déposer des gerbes sur les tombes des francs-maçons morts durant l’insurrection de la Commune de Paris. A cette occasion, l'obédience se recueille aussi devant le mur des fédérés, là où des centaines de communards ont été fusillés par les versaillais et elle entonne en l'hommage des martyrs tombés : "L'international" et "Le chant des Cerises".
Suite aux évènement de la Commune de Paris, le GODF accusé de complicité avec l'insurrection est à nouveau dans l’œil de mire du nouveau pouvoir et fait l'objet d'une surveillance. Des loges sont forcée de fermer. Aldophe Thiers met en place la IIIème République. Ce régime ne devait pas durer longtemps, puisqu'il avait pour but de préparer l’avènement de la monarchie. D'où le fait que c'est une république sans Constitution. Il s'agissait juste de donner à la France, un régime pour la gouverner, le temps que les royalistes, divisés entre deux prétendants, la candidat légitimiste, Henri d'Artois, Comte de Chambord et le candidat orléaniste, Philippe d'Orléans, Comte de Paris, parviennent à s'entendre sur le nom du futur monarque. Seulement l'entente est plus difficile que prévu, Aldophe Thiers, orléaniste, jette l'éponge et démissionne de son poste de Président de la République. Il est remplacé par Marc Mahon, royaliste légitimiste. Finalement, le 5 août 1873, le Comte de Paris accepte de renoncer à ses prétentions dynastiques et à reconnaitre le Comte de Chambord, comme prétendant officiel à la couronne. Repli opportuniste, en vérité. Car Henri d'Artois est très âgés et n'a pas d'enfant. L'accord passé entre lui et Philippe d'Orléans est le suivant. Henri d'Artois devient Roi sous le nom d'Henri V, mais si il meurt sans enfant (ce qui est plus que probable vu son âge) l'héritier sera alors Philippe d'Orléans. Toute les conditions semblent donc poser pour rétablir la monarchie. Seulement, il demeure un bémol. La population française n'est pas prête à abandonner son drapeau tricolore. Les orléanistes s'en contre-fiche, puisque sous la monarchie de juillet, le drapeau bleu/blanc/rouge était déjà l'emblème nationale du Royaume. Mais Henri d'Artois, beaucoup plus conservateur, refuse de faire sien ce drapeau qui ne lui rappelle que trop la Révolution et les Empires napoléoniens. Il veut pour son avènement rétablir le drapeau blanc de la France d'Ancien-Régime. Il refuse pur et net de monter sur le trône, si le drapeau tricolore demeure l'emblème de la France. Il refuse par ailleurs de laisser, malgré tout sa place à Philippe d'Orléans. Les orléanistes exaspérés, décident alors d'attendre la mort d'Henri d'Arthois pour proclamer Philippe d'Orléans, Roi de France. Les orléanistes font alors passer une lois qui prolonge le mandat de Mac-Mahon de 7 ans, selon l'estimation qu'ils se faisaient de l'espérance de vie d'Henri d'Arthois. Des législatives sont prévus en 1877. Les dernières du mandat de Mac-Mahon. suite à quoi le roi est censé lui succédé. Seulement voilà, à la surprise générale, les républicains l'emportent et arrivent majoritaire la Chambre des Députés. Mac-Mahon n'a plus la majorité nécessaire pour ramener le roi. Il dissout la chambre des députés et convoque de nouvelles élections législatives, qui consacre à nouveau une victoire républicaine, avec une centaine d'élus francs-maçons. Mac-Mahon veut à nouveau dissoudre, mais il est cette fois-ci confronté à l'opposition du Sénat (pourtant à majorité royaliste). Il forme donc un gouvernement qui intégre des éléments de gauche pour satisfaire la majorité républicaine. Puis surviennent, un an plus tard, les élections municipales : victoire républicaine. Encore un an après, les sénatoriales : triomphe républicain. Mac Mahon démissionne. Le retour en force des républicains, marquent le retour en grâce des francs-maçons du GODF. La suspicion d'Etat qui pesait sur eux, depuis 1871, prend fin. Les loges fermées peuvent rouvrir et surtout bon nombre d'entre eux ont été candidats et élus lors des législatives de 1877, les municipales de 1878, les sénatoriales de 1879. A une époque où les partis politiques n'existent pas encore, le GODF devient la principale force politique de la gauche. Tandis que l'Eglise Catholique demeure la colonne vertébrale de la droite française d'alors. Sous l'affrontement droit/gauche se dissimule une autre guerre, celle qui oppose le GODF et l'Eglise romaine.
C'est dans ce contexte de tensions que durant le Convent de 1877, le Grand Orient, à l'initiative d'un pasteur protestant mais aussi élu républicain, Frédéric Desmons, et qui sera par la suite, à quatre reprise Président du Conseil de l'Ordre, décide de supprimé l'obligation, pour les membres de l'obédience, de croire en Dieu (une obligation qui n'était plus respectée depuis longtemps) et de modifier sa Constitution, en remplacant la phrase suivante : « La Franc-maçonnerie a pour principe l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme » par "La Franc-Maçonnerie a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience.
Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle a pour devise : LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ."

Réaction immédiate de la Grande Loge Unie d'Angleterre : dés 1877, le Conseil Suprême de l'obédience anglaise prend une résolution qui constatant que désormais l'obédience française ne prenant plus en compte le critère religieux dans son recrutement, il n'y a plus lieu d'entretenir des relations maçonniques avec le GODF. En résumé, la GLUA ne reconnait plus le GODF comme étant une obédience maçonnique. Les membres du GODF ne sont donc plus les frères des membres de la GLUA. Cette décision va provoquer un schisme dans la maçonnerie universelle, entre obédiences proche de la GLUA et obédiences proches du GODF. D'un côté les obédiences dites régulières pratiquant une maçonnerie de type anglophone et de l'autre les obédiences dites libérales et adogmatiques pratiquant une maçonnerie dite francophone.

Quelques années plus tard, en 1884, le Pape Léon XIII publie l'encyclique Humanum Genus qui est une violente charge contre la franc-maçonnerie et sa philosophie relativiste. A partir de 1914, le droit canon va frapper d'excommunication l'appartenance des catholiques à la franc-maçonnerie.
Autant d'antagonisme côté du Saint-Siège qui vont pousser les catholiques initiés à quitter le GODF, les initiée athées, anticléricaux et de gauche vont alors rapidement se retrouver majoritaire, poussant le GODF à embrasser encore plus, les grands combats de la gauche de cette époque. Le GODF, comme force politique de gauche, va personnellement s'impliquer dans la loi de séparation de l'église et de l’État, l'enseignement public, laïc et obligatoire, le patronage laïque, les universités populaires, les coopératives ouvrières, les mutuelles de secours et de soins, etc... Le GODF impulse également la création de la ligue des droits de l'homme et il joue un rôle important dans la fondation du tout premier parti politique français, le Parti Républicain, radical et radical socialiste. Un parti classé à l'extrême-gauche de l'échiquier, à ses débuts. On sent ici que le GODF s'éloigne de plus en plus de la maçonnerie britannique où, il est par exemple interdit de parler de politiques ou de religions en loges.
Arthur Goussier, qui entre 1893 et 1924, effectuera 7 mandats de députés et qui sera ensuite, entre 1925 et 1945, effectuera 5 mandat à la tête du Grand Orient de France, aura été durant son activité de législateur à l'origine du Code du travail. Il est notamment à l'origine des Conventions Collectives, des Conseils des Prudhommes, des organisations syndicales, des contrats de travail, des mesures d'hygiènes et de sécurités et aussi de la reconnaissance des accidents du travail. Il fera également plusieurs amendements à la loi de 1901 sur la liberté d'association, au vue de l'améliorer.
Les législatives de 1902 permettent à Emile Combes, franc-maçon et anticléricale virulent, d'accéder au pouvoir comme Chef de gouvernement. C'est lui qui entamera le processus de laïcisation de la France, notamment en cherchant à chasser le clergé catholique des écoles. Il existait à l'époque en France, de nombreuses congrégations religieuses, tel que les jésuites, et qui pour beaucoup d'entre elles, tenait un établissement scolaires où l'éducation catholique était inculqué en même que les matières classiques (maths, français, histoires, géographie, etc...). Waldeck-Rousseau, qui avait précédé Combes à la tête du gouvernement français, avait fait voté une loi qui interdit à ses congrégations de se former sans préalablement avoir sollicité l'autorisation du gouvernement. Que seul les congrégations autoriser pouvait tenir un établissement scolaire. Par contre les congrégations autorisés devraient déclarés leurs biens en préfecture. Quand aux congrégations déjà existantes avant la loi, elles disposaient de 3 mois pour solliciter auprès du gouvernement le droit de continuer à exercer leurs activités. Le Vatican avait condamné cette loi, mais laissait aux congrégations la liberté de s'y soumettre. Ce que la plupart d'entre elles feront. Sauf que l'arrivé du franc-maçon anticléricale Emile Combes va changer la donne. Car lui va systématiquement refusé quasiment toutes les demandes d'autorisation émanant de congrégations religieuses. Ainsi sous Combes de nombreuses congrégations vont être expulsés et forcés de fermer. Puis en juillet 1904, Combes fait passer une lois qui interdit purement et simplement aux congrégations religieuses de dispenser des enseignements scolaires aux enfants. C'est un coup fatale porté aux congrégations : 2000 écoles ferment, entre 30 à 60 000 religieux qui avaient fait de l'enseignement leur terrain d'action privilégié, quitte la France et vont fonder des écoles à l'étranger. Emile Combes a réussit le pari de la laïcisation de l'éducation nationale. Le Vatican coupent quand à lui les relations diplomatiques avec la France. Or Emile Combes et d'autres républicains, comme Aristide Briand, envisageait depuis un certain de rompre le concordat qui régissait les relations entre la France et le Saint Siège. La dégradation des relations avec la Papauté semble offrir à terrain propice pour atteindre cet objectif. Par la suite, le Pape envoie des lettres anti-françaises aux chancelleries européennes. La France rompt alors à son tour les relations diplomatiques avec la Papauté. Ce qui rend le concordat, régissant les rapports entre le Pape et la France caduque. Désormais; la séparation de l’Église et de l’État s'impose aux républicains. Emile Combes propose un premier projet de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais il devra démissionner peu de temps après, à cause du scandale de l'affaire des fiches, où le ministre de la guerre de Combes, le général Louis André, via des loges militaires du GODF, avait mis en place un système de fichages des officiers de l'armée, selon leurs convictions politiques, afin de favoriser les montées en grade des officiers républicains, au détriment des autres. C'est donc le sucesseur de Combes, Maurice Rouvier, qui mènera le projet de séparation de l'Eglise et de l'Etat jusqu'à son terme. Il était franc-maçon également.
Après la 1er guerre mondiale, la victoire du bloc national pousse le GODF à prendre ses distances avec la politique. Cela marque la fin du second âge d'or de la maçonnerie française, allant de 1877 à 1919. Le GODF se tourne davantage, durant l'entre deux guerres, sur les questions internationales : l’émergence des dictatures fascistes en Europe, la guerre d'Espagne, etc... Les loges de l'obédience en reviennent aussi à des études symboliques et purement maçonniques. Le GODF noue également des relations d'amitiés avec de nombreuses obédiences européennes et sort de l'isolement que la perte de sa régularité lui avait infligé au niveau du monde maçonnique. Le GODF se fait alors l'ambassadeur de la maçonnerie libérale et adogmatique.
En août 1940, alors que la France vient de capituler, le régime de Vichy anti-républicain, anti-parlementaire, anti-laïcité, dissout par décret le GODF et organise tous une propagande anti-maçonnique. Un film anti-maçonnique "Force Occulte" est financé par le régime, une exposition anti-maçonnique est organisé à Paris, des affiches anti-maçonniques, mais aussi antisémites, anti-forces alliées et anti-gaullistes s'affichent dans les rues. Les noms des francs-maçons sont dévoilés dans les presses locales des lieux d'habitation de chacun d'entre eux, de manières à ce qu'ils soient dénoncés auprès de leurs proches, de leurs amis, de leurs voisinages ou villages. Cela, grâce à la saisie par Vichy des archives du GODF, dans son siège parisien, au début de l'occupation.
Le maréchal Pétain, qui est, par ailleurs, l'une des victimes de l'affaire des fiches, dira : "Si encore, un juif n'est pas responsable de ce qu'il est, un franc-maçon l'est toujours de ses choix". Cette période marque le retour en force du mythe du complot judéo-maçonnique (la maçonnerie serait une organisation puissante et internationale contrôlé par les juifs : ce qui avait déjà été théorisé dans le faux "Les protocoles de Sion"). La maçonnerie serait aussi responsable de la défaite de la guerre. Les francs-maçons sont exclus de la fonction publique. Certains s'engagent dans la résistance, d'autres dans la collaboration.
Il y avait 30 000 francs-maçons au GODF en 1939. A la libération, ils n'en a plus que 7000.
Aujourd'hui, le GODF est d'une certaine façon, le gardien du temple républicain, attaché aux valeurs pour laquelle, l'obédience s'est toujours battues et attachés à préservé les acquis républicains et sociaux que nous a légués l'histoire, les francs-maçons du GODF continues de "plancher" et de réfléchir "sous la voûte étoilée" à ce qu'il est encore possible de faire pour améliorer le monde. En loge, on y cultive une pensée libre, rationnelle et engagée pour un monde meilleurs. On y parle politique et religion, contrairement à nos amis britanniques, mais on parle aussi symbolisme, culture, philosophie, etc...
A travers l'histoire du GODF, c'est aussi l'histoire de la maçonnerie libérale et adogmatique que j'ai voulut expliqué.
Voilà ce que sont les francs-maçons ....

gignboss

gignboss

30 jetons

Donnez votre réponse agrave; la question Qu'est-ce que les francs maçons ?

Noter la réponse

Nouvelles questions de Actualites

toniop69

6 points

08 Juin 17h13 | Actualites

Quand auront lieux les résultats des examens...

Bonjour, Je passe le BTS et mon frère passe le baccalauréat cette année en 2015 mais les dates de résu...

toulif

61 points

01 Juillet 09h41 | Actualites

Pourquoi les américains fêtent-ils thanksgiving ?

Bonjour, tous les ans on entend parler de Thanksgiving aux Etats-Unis et je me demandais ce que r...

Lucas-A

63 points

27 Juin 15h27 | Actualites

Qu'est-ce que le réseautage ?

Bonjour, j'ai récemment entendu cette expression - le réseautage - mais je n'ai pas la moindre idée de ...

artiez

31 points

16 Juin 10h21 | Actualites

Qu'est-ce qu'un MOOC?

Bonjour à tous, est-ce que quelqu'un voudrait bien m'expliquer ce qu'est un MOOC ? j'en entends bea...

Milap

112 points

13 Mars 17h11 | Actualites

Qu'est-ce qu'une entreprise pure player ? ?

Bonjour, ce terme " entreprise pure player" revient souvent surtout à vue l'évolution du numérique. En ...

Je m'inscris